Les Chatouilles est un film toujours à l'affiche à l'heure où je publie cet article alors accroche ton petit cœur et vas le voir.
Pour le dire aussi simplement que le film le montre c'est l'histoire d'Odette, une petite fille, une femme, qui a été abusée sexuellement et violée à répétition toute son enfance par un ami proche de ses parents. Ce film navigue entre Odette enfant, qui rêve de devenir danseuse étoile, et Odette adulte, qui galère à vivre de sa passion et qui déboule chez cette psy dont elle voyait souvent la plaque en allant à la gare. C'est donc l'histoire d'un traumatisme et d'une reconstruction.
Le film est porté avec brio par l'actrice et réalisatrice Andréa Bescond, et soutenu par un casting très juste et touchant.
J'ai beaucoup aimé la pudeur de ce film pourtant très violent puisqu'il ne t'épargne pas les scènes d'abus et de viol, et met en lumière l'abus de pouvoir et la manipulation émotionnelle que subit l'enfant. Le personnage de Gilbert, le violeur, est aussi effroyablement juste tant lui-même se rend aveugle à ses crimes. Il baigne dans une lucidité effrayant (une certaine peur d'être surpris), et une absence totale d'empathie et d'humanité quand face au visage impassible de la fillette puis ses petits cris de douleur il tient un discours basé sur une complicité amicale et se persuade qu'elle aime ce qu'il lui impose et inflige. Et ce jusqu'à son jugement en Cour d'Assise où il déclare hagard "J'pensais qu'elle aimait bien", "J'comprends plus rien".
Ce film, c'est aussi un film sur la danse, cette passion, qui maintient
tant bien que mal Odette à flot, qui est son seul rêve, espoir,
échappatoire. C'est à travers la danse finalement qu'elle ressent sa
douleur, qu'elle dit son histoire, qu'elle crie sa colère. Je pense bien
sûr au générique d'ouverture, un très beau solo d'Andréa Bescond, mais
aussi à une scène qui se déroule au début de la vie adulte d'Odette
alors dans une grand école de danse parisienne (cf. photo ci-dessous).
Le professeur de danse
est extatique devant la performance émotionnelle d'Odette (mais critique
sa "technique") et lui dit "c'est la souffrance d'une petite fille que
vous avez choisi de nous montrer" (ce que la danseuse ne semblait pas
avoir prémédité) avant de partir sur le délire qu'Odette reprend
l'histoire de sa famille juive ayant vécu la Shoah (ce qui est
fantasmagorique puisque Odette n'a pas d'origine juive) et refuse de
se laisser contredire. Cette scène est pour moi l'expression de
l'universalité de l'art, qui apparait comme une communication, un
langage purement émotif qui transcende la barrière de la langue pour se
heurter aux a priori et aux codes d'interprétation personnels en quête
de surinterprétation. Ce film est donc aussi un très bel hommage à
l'art.
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| © Stéphanie Branchu - https://andreabescond.com/les-chatouilles-le-film/ |
[TW - Viol et agressions sexuelles]
Pour le dire aussi simplement que le film le montre c'est l'histoire d'Odette, une petite fille, une femme, qui a été abusée sexuellement et violée à répétition toute son enfance par un ami proche de ses parents. Ce film navigue entre Odette enfant, qui rêve de devenir danseuse étoile, et Odette adulte, qui galère à vivre de sa passion et qui déboule chez cette psy dont elle voyait souvent la plaque en allant à la gare. C'est donc l'histoire d'un traumatisme et d'une reconstruction.
[Spoiler alert]
Le film est porté avec brio par l'actrice et réalisatrice Andréa Bescond, et soutenu par un casting très juste et touchant.
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| © Stéphanie Branchu - La mère (Karine Viard) dans le déni, la fille (Andréa Bescond) qui part porter plainte et le père (Clovis Cornillac) plein de remord et de haine envers son "ami" Gilbert. |
J'ai beaucoup aimé la pudeur de ce film pourtant très violent puisqu'il ne t'épargne pas les scènes d'abus et de viol, et met en lumière l'abus de pouvoir et la manipulation émotionnelle que subit l'enfant. Le personnage de Gilbert, le violeur, est aussi effroyablement juste tant lui-même se rend aveugle à ses crimes. Il baigne dans une lucidité effrayant (une certaine peur d'être surpris), et une absence totale d'empathie et d'humanité quand face au visage impassible de la fillette puis ses petits cris de douleur il tient un discours basé sur une complicité amicale et se persuade qu'elle aime ce qu'il lui impose et inflige. Et ce jusqu'à son jugement en Cour d'Assise où il déclare hagard "J'pensais qu'elle aimait bien", "J'comprends plus rien".
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| © Stéphanie Branchu |
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| © Stéphanie Branchu |
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| www.lesecransdeparis.fr |
LES CHATOUILLES
film de Andréa Bescond et Eric Métayer
avec Andréa Bescond, Karin Viard, Clovis Cornillac, Pierre Deladonchamps, ...
sorti en 2018
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et le site de la réalisatrice





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