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10 décembre, 2018

TOP/FLOP 2018 : Le Cas Tomb Raider (2018), ou quand tu creuses ta tombe

En deux mots Tomb Raider est un film d'action correct (je ne me suis même pas endormie devant malgré ma fatigue !) mais une terriblement mauvaise adaptation. Le film est tiré de la nouvelle trilogie de jeux sur la jeune Lara Croft par Square Enix qui jusqu'à présent m'ont franchement plus. C'est donc en toute logique que ce film est le premier Flop de l'année que je te présente.

Malgré mon affection pour le personnage de Lara Croft je ne m'attendais pas à grand chose au niveau du film que j'ai finalement vu plusieurs mois après sa sortie lors d'un vol long courrier pour tromper l'ennui. J'avais déjà entendu de mauvais échos à son propos ...et j'ai quand même été déçue.

Tomb Raider (2018)
Je résumerai ça en abordant uniquement deux des points négatifs du film (en tant qu'adaptation) :

- Le contexte scénariste : Le Yamatai et la légende de la reine solaire Himiko
- L'entourage de Lara Croft

Lecteur tu es un lecteur avisé, au-delà de ces mots le spoil est avéré 

Fresque, Tomb Raider le jeu
Le film reprend donc la série Square Enix et précisément l'opus Tomb Raider (2013) en mettant en scène l'arrivée de Lara Croft, la vingtaine, dans le Yamatai, royaume à l'emplacement incertain en mer. Jusque là tout va plutôt bien, comme dans l'esprit du jeu Lara Croft est sur les traces de son père décédé qui lui a laissé ses travaux sur la légendaire Himiko reine prêtresse. On notera tout de même que dans l'idée du film Lara est davantage à la recherche de son père, persuadé qu'il est toujours vivant, plutôt que dans l'optique de poursuivre ses travaux et découvrir la vérité qui réhabiliterait son père. Du coup quid du Yamatai et ses mystères. Le jeu ne les explore pas à fond non plus mais là bon c'est à se demander quel métier/passion anime les personnages.
En soi les décors du film ne sont pas moches, mais pour moi ils ne sont pas à la hauteur. Les choix esthétiques du jeu concernant les tombeaux, les vestiges et même les ennemis donnent une atmosphère inquiétante, entre fascination et effroi, jusqu'à se faire étouffante parfois. Dans le film on passe son temps sur l'île perdue sous un ciel bleu et en plein soleil. Sitôt échoué à cause d'une tempête sitôt celle-ci se dissipe. Sitôt entré dans le tombeau un brin futuriste dans ses lignes (presque hight tech par ses pièges) sitôt parti. Je te laisse juger par toi-même.

Tomb Raider le film (2018)
Tomb Raider le jeu (2013)
Tomb Raider le jeu (2013)
Tomb Raider le film (2018)
Je sais bien qu'une adaptation doit prendre des libertés avec son œuvre d'origine. Mais il est tout de même une chose qui est fondatrice dans le design character de Lara Croft : son père est mort. Les jeux d'origines le pose comme un fait, on a affaire à une Lara adulte qui, en riche héritière qu'elle, se balade aux quatre coins du globe et utilise son argent à creuser sa passion des légendes et mythes, elle aussi hérité de son père. Dans les nouveaux jeux, Lara est beaucoup plus jeune, la mort de son père beaucoup moins bien vécue, mais c'est bien ce qui motive l'héroïne a partir à l'aventure en quête de réponses, pour mieux comprendre son père et sa passion. Alors pourquoi doit-il être vivant ? Et pourquoi la passion du père Croft, celle pour qui il a abandonné sa fille, aurait-elle donc de l'importance aux yeux de cette Lara ? Bah elle n'en pas vraiment, ce n'est plus qu'un outil pour le retrouver lui mais rien de plus.

L'équipage de l'Endurance
A cela s'ajoute que le film dégage la moitié du cast du jeu, pour reconstruit le scénario autour du "où est tu papa?", intrigue qui retombe comme un soufflé devant la facilité avec laquelle Lara Croft tombe sur lui au détour d'une fuite. Je trouve donc dommage d'avoir perdu l'intégralité de l'équipage qui accompagne, de près ou de loin, le périple de Lara dans le premier jeu. Ces personnages apportaient de la profondeur à Lara et à l'intrigue. Ils sont "condensés" dans le personnage secondaire très transparent et totalement délaissé par l'histoire de Lu Ren. Quand au personnage de la belle-mère de Lara, Ana, il est totalement inutile de l'introduire dans ce premier film comme une antagoniste alors que la découverte de sa "vrai nature" est un élément principale d'une autre intrigue, celle du second volet de la série Square Enix, The Rise of the Tomb Raider (2016).


Bref, si pour toi la licence Tomb Raider n'a aucune valeur affective particulière et que l'envie t'en dit, et bien ne t'abstiens pas, sinon ne t'inflige pas cette peine.




TOMB RAIDER

film de Roar Uthaug
avec Alicia Vikander Dominic, West Walton, Goggins Daniel, Wu Kristin, Scott Thomas,...
sorti en 2018

+ ici

02 décembre, 2018

TOP/FLOP 2018 : Les Chatouilles, indispensable

Les Chatouilles est un film toujours à l'affiche à l'heure où je publie cet article alors accroche ton petit cœur et vas le voir.


© Stéphanie Branchu - https://andreabescond.com/les-chatouilles-le-film/
[TW - Viol et agressions sexuelles]

Pour le dire aussi simplement que le film le montre c'est l'histoire d'Odette, une petite fille, une femme, qui a été abusée sexuellement et violée à répétition toute son enfance par un ami proche de ses parents. Ce film navigue entre Odette enfant, qui rêve de devenir danseuse étoile, et Odette adulte, qui galère à vivre de sa passion et qui déboule chez cette psy dont elle voyait souvent la plaque en allant à la gare. C'est donc l'histoire d'un traumatisme et d'une reconstruction.

[Spoiler alert]

Le film est porté avec brio par l'actrice et réalisatrice Andréa Bescond, et soutenu par un casting très juste et touchant.
© Stéphanie Branchu - La mère (Karine Viard) dans le déni, la fille (Andréa Bescond) qui part porter plainte et le père (Clovis Cornillac) plein de remord et de haine envers son "ami" Gilbert.

J'ai beaucoup aimé la pudeur de ce film pourtant très violent puisqu'il ne t'épargne pas les scènes d'abus et de viol, et met en lumière l'abus de pouvoir et la manipulation émotionnelle que subit l'enfant. Le personnage de Gilbert, le violeur, est aussi effroyablement juste tant lui-même se rend aveugle à ses crimes. Il baigne dans une lucidité effrayant (une certaine peur d'être surpris), et une absence totale d'empathie et d'humanité quand face au visage impassible de la fillette puis ses petits cris de douleur il tient un discours basé sur une complicité amicale et se persuade qu'elle aime ce qu'il lui impose et inflige. Et ce jusqu'à son jugement en Cour d'Assise où il déclare hagard "J'pensais qu'elle aimait bien", "J'comprends plus rien".


© Stéphanie Branchu
Ce film, c'est aussi un film sur la danse, cette passion, qui maintient tant bien que mal Odette à flot, qui est son seul rêve, espoir, échappatoire. C'est à travers la danse finalement qu'elle ressent sa douleur, qu'elle dit son histoire, qu'elle crie sa colère. Je pense bien sûr au générique d'ouverture, un très beau solo d'Andréa Bescond, mais aussi à une scène qui se déroule au début de la vie adulte d'Odette alors dans une grand école de danse parisienne (cf. photo ci-dessous).

© Stéphanie Branchu
Le professeur de danse est extatique devant la performance émotionnelle d'Odette (mais critique sa "technique") et lui dit "c'est la souffrance d'une petite fille que vous avez choisi de nous montrer" (ce que la danseuse ne semblait pas avoir prémédité) avant de partir sur le délire qu'Odette reprend l'histoire de sa famille juive ayant vécu la Shoah (ce qui est fantasmagorique puisque Odette n'a pas d'origine juive) et refuse de se laisser contredire. Cette scène est pour moi l'expression de l'universalité de l'art, qui apparait comme une communication, un langage purement émotif qui transcende la barrière de la langue pour se heurter aux a priori et aux codes d'interprétation personnels en quête de surinterprétation. Ce film est donc aussi un très bel hommage à l'art.

www.lesecransdeparis.fr

LES CHATOUILLES


film de Andréa Bescond et Eric Métayer
avec  Andréa Bescond, Karin Viard, Clovis Cornillac, Pierre Deladonchamps, ...
sorti en 2018

+

27 octobre, 2017

FILM - Kingsman : Le Cercle d'Or

Bien que sorti en février 2015 (en France), deux ans plus tard je n’avais pas encore vu Kingsman : Services Secrets . Avec l’arrivée du second opus, Kingsman : Le Cercle d’Or, il me fallait donc rattraper ce douloureux retard. Début octobre j’ai donc vu les deux films incriminés à deux semaines d’intervalles seulement.

source : taron-egerton.fr


Je ne m’attarderai pas sur le premier, ce n’est pas le sujet de cet article mais il est nécessaire de contextualiser. J’avais beaucoup entendu parler de Kingsman ; Services Secrets lors de sa sortie et même bien après, et ce à très juste titre. C’est un très bon film d’action, bien écrit, bien rythmé qui développe une esthétique et un ton propre en jouant à fond la carte so british et en jouant avec les codes à base de clin d’œil (« mais ce n’est pas un film comme ça !»). Et donc après le visionnage en VOSTFR du premier film j’attendais avec impatience de me régaler encore et davantage au cinéma, confortablement installée dans mon fauteuil rouge face à l’immense écran. ATTENTION si tu lis plus loin tu seras spoilé sur des éléments d'intrigues !


La séance était en français, sacrifice nécessaire de part chez moi pour en prend plein les mirettes. Soit c’est pas la mort non plus. Bref, Kingsman : Le Cercle d’Or démarre et j’ai l’impression de reprendre la projection du premier après une brève pause. En effet, le film s’ouvre sur une scène d’action à Londres, de nuit, reprenant les règles du jeu à l’identique. Donc quid de l’introduction tout en références dialoguées, ici la piqûre de rappel est implicite tant l’action laisse peu place à discourir. Personnellement j’ai apprécié ce choix de lancer les choses sans plus attendre (cela dit attention à avoir l’estomac bien accroché tant la séquence est visuellement mouvementée). C’est après que les choses se gâtent.


J’ai eu le sentiment que le film avait tout du long du mal à développer une intrigue. Le film commence à s’attarder sur les roucoulements d’Eggsy et de sa princesse et par la suite tente de bégayer sur les difficultés d’accomplir son travail en restant intègre envers ses sentiments et ses choix dans sa vie personnelle. D’un autre côté, il s’efforce de créer de l’empathie chez ses spectateurs (plutôt réussi) pour tel personnage avant de l’envoyer voler en morceaux sans aucune véritable raison en ouverture de climax. Le film s’offre aussi le luxe d’une longueeeeee présentation de celle qui semble tout avoir d’un big boss : Poppy. On a donc droit à une séquence qui nous présente son petit monde, son cartel, ses objectifs plus ou moins discutables et son plan machiavélique.
source : cineseries-mag.fr
On a même le droit en prime à une ouverture (vous savez le truc que votre prof vous dit que c’est pas obligatoire en conclusion mais plutôt mieux quand même) avec cette réflexion de Poppy à son tout nouveau sbire : « Fais gaffe avec le sucre, c’est pire que ma coke mais légale donc tu peux mais fais gaffe » (grosso modo hein les citations c’est de mémoire). Bon soit c’est jamais exploité mais en même temps le film n’a pas le temps, il te balance trop de trucs dans tous les sens pour remplir et n’exploite pas vraiment grand-chose derrière. Ainsi on passe plus de temps à présenter Poppy qu’à l’affronter, et sa planque secrète se fait défoncer en deux en trois mouvements, Poppy elle-même mourant en deux battement de cils. Elle n’a rien d’une combattante mais vous admettrez s’il vous plaît que c’est con de l’empoissonner (= mort en moins de 10 min), alors qu’elle est la seule à pouvoir fournir le code nécessaire à sauver le monde. Un vrai méchant dit « NON je meurs avec mon secret, fuck you all bitches ! », et c’est plié. Poppy morte le film doit combler et du coup il te fournit un opposant final bricolé tant bien que mal 10min plus tôt.



Bref c’est le bordel dans l’écriture et ça manque de cohérence à l’écran. Je mentionne rapidement la performance du président des États-Unis, surjoué sûrement volontairement mais bon les mecs y’a un moment faut s’arrêter. J’ai aussi fait une overdose d’Elton John (il est en promo d’un nouvel album où quoi?). Certains effets spéciaux laisse à désirer (les drones apportant les antidotes m’ont niqué les yeux). Et franchement l’humour me laisse parfois pantois : je venais voir Kingman soit des anglais qui se battent en costard pas Camping et ses strings multicolores.


source : checkthefilm.com
Je ne sais pas comment conclure cela, les mauvaises langues diront que Kingsman s’est américanisé et elles n’auront pas totalement tord. Je vous semble peut-être sévère, et vous avez sûrement raison. En pagaille des points positifs : l’interprétation de Julianne Moore, le duo Merlin – Ginger, la séquence d’introduction, la (petite) réflexion sur les drogues et la légalisation. Cette liste n’est pas exhaustive mais il faut bien voir le film comme il est, c’est-à-dire une énorme déception (trahison?) face au premier volet des Kingsman.



Sur ce, à la prochaine et prenez soin de vous !




source : sortiesdvd.com



 KINGSMAN : LE CERCLE D’OR


film de Matthew Vaughn
avec Taron Egerton, Colin Firth, Mark Strong, Julianne Moore et plein d’autres !
sorti en 2017

+ ici